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Derrière les mots... Lucas on 10 oct 2006 03:54 pm

La contradiction de Sarkozy

Hier matin, Nicolas Sarkozy était l’invité de Nicolas Demorand sur France Inter.

Comme toujours, de nombreuses questions se posent sur ses prises de positions.

J’ai hurlé seul devant mon poste de radio quand le ministre de l’intérieur répétait que l’immigration était source d’insécurité. Que les jeunes français issus de l’immigration se croyaient impunis dans certains quartiers. Pourtant, ce discours, il l’a tenu il y a un an à l’occasion de la fameuse crise des banlieues… Et les Renseignements Généraux l’ont démenti, parlant d’un problème purement social.

Le postulat que les “quartiers” sont composés en exclusivité de français issus de l’immigration, que le chaos règne dans ces quartiers et donc que l’immigration est source de chaos, n’est pas soumis à débat. Nulle part. Pourtant tout le monde sait (pour reprendre les formules du président de l’UMP, toujours titulaire de la parole du peuple) que d’autres facteurs sont à prendre en compte, comme l’exclusion sociale, source de chômage, source de délinquance…

Mais une véritable incohérence s’est glissée dans le discours de Nicolas Sarkozy. C’est lorsqu’il parle de la fonction de président. Certes, les observateurs voient depuis longtemps que le candidat à la présidence de la république adapte son discours à une cible particulière et toujours différente. Mais de là à se contredire…

Hier, interrogé sur son expérience, il justifie le principe de rupture, rupture qu’il prône depuis des mois : Comme vous l’avez certainement observé, je ne suis pas président de la République. Et dans la Vème République, le patron c’est le président de la République. Alors peut-être si un jour ça change, ce sera une vraie rupture.”

Donc, le président de la république ne devrait plus être le grand patron hégémonique de la société française. Pourtant, dans ses voeux à la presse en janvier 2006, le patron de l’UMP de déclarer vouloir une sorte président-leader, qui “devra s’engager non seulement sur les grandes options, mais aussi sur tout ce qui concerne la vie quotidienne des Français.”

Un président avec donc plus de prérogatives que celles qui lui sont traditionnellement allouées, impliqué dans les affaires intérieures du pays. Le premier ministre ne dirigeant plus l’action du gouvernement mais la coordonnant.

Finalement, une vision très gauliste de la fonction de président de la république, et pas vraiment ce qu’il sous-entend devant Nicolas Demorand.

Anecdote amusante, il a loué les qualités de journaliste du présentateur de la matinale de France Inter. Avec votre curriculum universitaire, je prends des risques.”
vous avez dû lire une note blanche sur moi” de répondre l’animateur.
Non,
Ça a été écrit partout.”
Tout le monde parle de Monsieur Demorand ? Si connu qu’il l’appellera “Monsieur Hondelatte”…

Alors cher Nicolas alors.”

L’interview en intégralité sur le site de l’UMP.

2 Responses to “La contradiction de Sarkozy”

  1. on 11 oct 2006 at 01:53 1.Kwa said …

    Pourtant, à part Chef des Armées, le Président de la République, en France, n’a pas un pouvoir énorme… C’est le Premier Ministre qui est le chef du gouvernement qui en a le plus. Certes, le Premier Ministre est nommé par le Président, mais c’est le Parlement qui le choisit. On voit bien, d’ailleurs, que le Président n’a pas grand chose à dire quand on se rappelle les périodes dites de cohabitation.

    Enfin, cela dit, il ne faut pas trop m’écouter. Après tout, je suis un délinquant, puisqu’immigré et étranger…

  2. on 11 oct 2006 at 13:48 2.Lucas said …

    héhé…
    Ce qui est vai en periode cohabitation ne l’est pas lorsque président et assemblée sont de la même majorité. Une raison à celà, c’est que c’est le président lui-même qui nomme le premier ministre et qui peut le révoquer. Ce dernier sera donc responsable devant le chef de l’Etat.

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