Monthly Archivejuin 2007
Une oreille sur le monde Lucas on 18 juin 2007
Une oreille sur le monde
Entre octobre 2006 et mars 2007, j’ai eu la chance de présenter sur radio nouveaux talents une chronique nommée (au hasard) Un Oeil Sur Le Monde.
Le principe était d’aller chercher dans d’autres pays des musiques et notamment du hip hop qui ne soient ni en anglais ni en français.
Aujourd’hui, j’ai décidé de vous en diffuser quelques extraits. Voici donc le premier numéro consacré aux futurs entrants dans l’union européenne. C’était en octobre, la situation a changé depuis puisque la Roumanie est effectivement entrée dans l’Union Européenne et la Turquie… Bah la Turquie quoi…
Eléments de réflexion Lucas on 15 juin 2007
Les impôts en question
Mon ami Edoo m’a fait parvenir ceci :
c’est un texte reçu en anglais et provenant d’un professeur américain qui essaye d’expliquer à ses élèves le système des impôts …
« Les impôts semblent s’expliquer par une logique simple. Mais beaucoup ne la saisissent toujours pas. Comme c’est la saison des taxes, laissez-moi vous expliquer en des termes que tout le monde peut comprendre.
Supposons que tous les jours 10 hommes se retrouvent pour boire une bière et que l’addition se monte à 100 $. (Normalement 10 $ chacun).
S’ils payaient la note de la même façon que l’on paye les impôts, cela donnerait à peu près ceci :
Les 4 premiers (les plus pauvres !?), ne payeraient rien.
Le cinquième payerait 1 $
Le sixième payerait 3 $
Le septième payerait 7 $
Le huitième payerait 12 $
Le neuvième payerait 18 $
Le dernier (le plus riche ?!) devrait payer 59 $.
Ils décidèrent de procéder comme décrit ci-dessus.
Les dix hommes se retrouvèrent chaque jour pour boire leur bière et semblèrent assez contents de leur arrangement. Jusqu’au jour ou le tenancier les plaça devant un dilemme :
« Comme vous êtes de bons clients, dit-il, j’ai décidé de vous faire une remise de 20$. Vous ne payerez donc vos 10 bières que 80$ »
Le groupe décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon qu’ils auraient payé leurs taxes. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais comment les six autres, (les clients payants), allaient diviser les 20$ de remise de façon équitable ? Ils réalisèrent que 20$ divisé par 6 faisaient 3,33$.
Mais s’ils soustrayaient cette somme de leur partage alors le 5ème et 6 ème homme devraient être payés pour boire leur bière.
Le tenancier du bar suggéra qu’il serait équitable d’appliquer un pourcentage de réduction plus important pour les plus “pauvres” et de réduire l’addition comme suit:
Le 5° homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien.
Le 6° paya 2 $ au lieu de 3 (33% de réduction)
Le 7° paya 5 $ au lieu de 7 (28% de réduction)
Le 8° paya 9 $ au lieu de 12 (25% de réduction)
Le 9° paya 14 $ au lieu de 18 (22% de réduction)
Le 10° paya 49 $ au lieu de 59 $ (16% de réduction)
Chacun des six « payants » paya moins qu’avant et les 4 premiers continuèrent à boire gratuitement.
Mais une fois hors du bar, chacun compara son économie :
« J’ai seulement eu 1 $ sur les 20 $ de remise », dit le 6°, il désigna le 10° « Lui il a eu 10 $ ».
« ouais ! dit le 5°, j’ai seulement eu 1 $ d’économie aussi »
« C’est vrai ! » s’exclama le 7°, « pourquoi aurait-il 10 $ alors que je n’en ai eu que 2 ? Le plus riche a eu le plus gros de la réduction»
« Attendez une minute » cria le 1° homme à l’unisson, « Nous quatre n’avons rien eu du tout nous. Le système exploite les pauvres »
Les 9 hommes cernèrent le 10° et l’insultèrent.
La nuit suivante le 10° homme (le plus riche ?!) ne vint pas. Les neuf autres s’assirent et burent leur bière sans lui. Mais quand vint le moment de payer leur note ils découvrirent quelque chose d’important : Ils n’avaient pas assez d’argent pour payer ne serait-ce que la moitié de l’addition.
Et cela, garçons et filles, journalistes et collègues professeurs est le reflet de notre système d’imposition. Les gens qui payent le plus de taxes tirent le plus de bénéfice d’une réduction de taxe.
Taxez les plus fort, accusez-les d’être riches et ils risquent de ne plus se montrer désormais. En fait ils pourraient commencer à aller boire à l’étranger où l’atmosphère est, comment dire, plus amicale.
Pour ceux qui ont compris, aucune explication est nécessaire.
Pour ceux qui n’ont pas compris, aucune explication n’est possible.
Signé
David R. Kamerschen, Ph.D.
Professeur d’économie
Universiy of Georgia, USA
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A première vue, c’est assez juste, mais ça part de plusieurs postulats qui m’apparaissent faux ou faussés.
Il faudrait déjà que chacun, y compris le 10ème -le plus riche-, soit satisfait de la situation actuelle… Mais passons.
Le problème de ce texte militant, c’est que dans sa logique orgueilleuse et méprisante à la fois (je tiens aux deux adjectifs), ce cher David caricature la position de la gauche.
Transposons cet exemple en France :
Pour obtenir une baisse des impôts équivalente à ce qui est décrit, il faudrait par exemple baisser des impôts sur le patrimoine, ceux qui en ont peu ou pas ne verraient pas de changement. Les plus fortunés bénéficieraient de la plus importante remise. Je ne suis pas sûr que la gauche, au moins celle modérée, critiquerait une telle mesure, en tous cas, sur un plan purement théorique, ce serait injustifié.
La critique de cette gauche (je sais que j’abuse du terme puisque le professeur ne l’emploie jamais mais c’est pour simplifier le tout) serait contre un pouvoir de droite qui ne ferait de remise que sur la 9ème et la 10ème personnes (dans l’exemple). Ce qui conduirait à un déséquilibre allant à l’encontre de la logique fondatrice de leur petite société. Ainsi, en admettant la remise de 20 dollars, le neuvième aurait une remise de 5 dollars et le dixième une remise de 15 dollars. Le résultat par exemple d’une baisse de l’impôt sur la fortune. (les chiffres sont un peu au hasard…)
De la même manière, en augmentant la TVA afin de récupérer ses 20 dollars, le tenancier/gouvernement ferait payer 2 dollars de plus à chacun, y compris à ceux qui, à la base, ne payaient rien.
La nature humaine est ce qu’elle est et je ne doute pas que dans la situation décrite par le professeur, des gens s’élèveraient et protesteraient. Mais je ne pense pas qu’un gouvernement ou qu’une opposition responsable prendrait de telles positions, caricaturales. Reste le populisme, ce mal démocratique, qui pourrait pousser à de telles dérives, mais j’ose espérer que la France et ses enfants sauront garder la tête froide.
Mais ne dit-on pas que les anglo-saxons sont tous des économistes et les français tous des philosophes ?
Derrière les mots... Lucas on 12 juin 2007
Il ne faut pas banaliser les idées du Front National
Ce discours, on le connaissait si bien, ou si mal, qu’on le caricaturait.
Aujourd’hui, je l’affirme sans détour, on l’entend, on l’admet même comme partie intégrante du débat.
Des journalistes politiques se réjouissent de la perte des voix de Le Pen au profit de la droite républicaine, d’autres se taisent, le souffle coupé par l’état de grâce de Nicolas Sarkozy (qui dure depuis 5 ans, je le maintiens).
C’est pourtant extraordinaire, nous assistons aujourd’hui à ce que la pensée à la française condamne historiquement, trop consciente de l’endroit où peuvent mener ces dérives, à savoir une droite décomplexée, un cynisme assumé, la loi du plus fort comme mètre-étalon de la société.
Je reviendrai probablement un jour, contexte international aidant, sur le rôle de la France dans le monde. Mais si à l’intérieur, un peu de pragmatisme ne fait pas de mal, c’est en regardant la base que je m’inquiète des effets pervers d’une droite tellement décomplexée qu’elle reprend les idées de l’extrême.
Les nouveaux négationnistes accusent les SDF d’être des fainéants, les chômeurs des profiteurs et les immigrés de mettre le bordel…
Les nouvelles théories, admises contre tout bon sens, comme des arguments. Non, la polygamie n’est pas la cause des émeutes de banlieues, pas plus que le rap qui est bien souvent au contraire un moyen d’expulser sainement sa violence. Les SDF ne sont pas heureux de vivre dans la rue “sans avoir besoin de bosser”, les immigrés clandestins ne nous coûtent pas cher, au contraire, ils nous rapportent. Et non, le fait que tu ais vu une fois un noir foutre le bordel dans le métro n’est en aucun cas la preuve qu’il faut enfermer les récidivistes…
Même si je m’égare un peu, je tiens a rappeler que je ne parle pas de vieux cons ou d’ignorants, je parle de monsieur et madame tout-le-monde, comme toi, étudiante aux formes généreuses et aux yeux de braise dont la seule odeur me met dans des états d’excitation proches de la démence mais dont le seul discours agis sur moi comme une douche froide sur un pénis trop sensible aux fluctuations météorologiques.
Me viennent enfin les paroles des Fatals Picards qui, quand ils ne perdent pas à l’Eurovision, écrivent des textes à la fois drôles et poignants.
“Moi je ne sais pas grand chose et peu de trucs me font peur […]
Car tous leurs beaux discours, leurs coming out politiques,
Que même la fin de Festen, c’était plus bucolique.
Ils aiment que ce qui leur ressemble et le reste leur fait peur,
J’leur souhaite bien du bonheur…”
Edit : Et puisque je viens de re-découvrir la magie du podcast, voici la chanson en entier. C’est “Au mariage de Kévin et de ma soeur” des Fatals Picards.
