Eléments de réflexion Lucas on 15 juin 2007 09:51 am
Les impôts en question
Mon ami Edoo m’a fait parvenir ceci :
c’est un texte reçu en anglais et provenant d’un professeur américain qui essaye d’expliquer à ses élèves le système des impôts …
« Les impôts semblent s’expliquer par une logique simple. Mais beaucoup ne la saisissent toujours pas. Comme c’est la saison des taxes, laissez-moi vous expliquer en des termes que tout le monde peut comprendre.
Supposons que tous les jours 10 hommes se retrouvent pour boire une bière et que l’addition se monte à 100 $. (Normalement 10 $ chacun).
S’ils payaient la note de la même façon que l’on paye les impôts, cela donnerait à peu près ceci :
Les 4 premiers (les plus pauvres !?), ne payeraient rien.
Le cinquième payerait 1 $
Le sixième payerait 3 $
Le septième payerait 7 $
Le huitième payerait 12 $
Le neuvième payerait 18 $
Le dernier (le plus riche ?!) devrait payer 59 $.
Ils décidèrent de procéder comme décrit ci-dessus.
Les dix hommes se retrouvèrent chaque jour pour boire leur bière et semblèrent assez contents de leur arrangement. Jusqu’au jour ou le tenancier les plaça devant un dilemme :
« Comme vous êtes de bons clients, dit-il, j’ai décidé de vous faire une remise de 20$. Vous ne payerez donc vos 10 bières que 80$ »
Le groupe décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon qu’ils auraient payé leurs taxes. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais comment les six autres, (les clients payants), allaient diviser les 20$ de remise de façon équitable ? Ils réalisèrent que 20$ divisé par 6 faisaient 3,33$.
Mais s’ils soustrayaient cette somme de leur partage alors le 5ème et 6 ème homme devraient être payés pour boire leur bière.
Le tenancier du bar suggéra qu’il serait équitable d’appliquer un pourcentage de réduction plus important pour les plus “pauvres” et de réduire l’addition comme suit:
Le 5° homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien.
Le 6° paya 2 $ au lieu de 3 (33% de réduction)
Le 7° paya 5 $ au lieu de 7 (28% de réduction)
Le 8° paya 9 $ au lieu de 12 (25% de réduction)
Le 9° paya 14 $ au lieu de 18 (22% de réduction)
Le 10° paya 49 $ au lieu de 59 $ (16% de réduction)
Chacun des six « payants » paya moins qu’avant et les 4 premiers continuèrent à boire gratuitement.
Mais une fois hors du bar, chacun compara son économie :
« J’ai seulement eu 1 $ sur les 20 $ de remise », dit le 6°, il désigna le 10° « Lui il a eu 10 $ ».
« ouais ! dit le 5°, j’ai seulement eu 1 $ d’économie aussi »
« C’est vrai ! » s’exclama le 7°, « pourquoi aurait-il 10 $ alors que je n’en ai eu que 2 ? Le plus riche a eu le plus gros de la réduction»
« Attendez une minute » cria le 1° homme à l’unisson, « Nous quatre n’avons rien eu du tout nous. Le système exploite les pauvres »
Les 9 hommes cernèrent le 10° et l’insultèrent.
La nuit suivante le 10° homme (le plus riche ?!) ne vint pas. Les neuf autres s’assirent et burent leur bière sans lui. Mais quand vint le moment de payer leur note ils découvrirent quelque chose d’important : Ils n’avaient pas assez d’argent pour payer ne serait-ce que la moitié de l’addition.
Et cela, garçons et filles, journalistes et collègues professeurs est le reflet de notre système d’imposition. Les gens qui payent le plus de taxes tirent le plus de bénéfice d’une réduction de taxe.
Taxez les plus fort, accusez-les d’être riches et ils risquent de ne plus se montrer désormais. En fait ils pourraient commencer à aller boire à l’étranger où l’atmosphère est, comment dire, plus amicale.
Pour ceux qui ont compris, aucune explication est nécessaire.
Pour ceux qui n’ont pas compris, aucune explication n’est possible.
Signé
David R. Kamerschen, Ph.D.
Professeur d’économie
Universiy of Georgia, USA
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A première vue, c’est assez juste, mais ça part de plusieurs postulats qui m’apparaissent faux ou faussés.
Il faudrait déjà que chacun, y compris le 10ème -le plus riche-, soit satisfait de la situation actuelle… Mais passons.
Le problème de ce texte militant, c’est que dans sa logique orgueilleuse et méprisante à la fois (je tiens aux deux adjectifs), ce cher David caricature la position de la gauche.
Transposons cet exemple en France :
Pour obtenir une baisse des impôts équivalente à ce qui est décrit, il faudrait par exemple baisser des impôts sur le patrimoine, ceux qui en ont peu ou pas ne verraient pas de changement. Les plus fortunés bénéficieraient de la plus importante remise. Je ne suis pas sûr que la gauche, au moins celle modérée, critiquerait une telle mesure, en tous cas, sur un plan purement théorique, ce serait injustifié.
La critique de cette gauche (je sais que j’abuse du terme puisque le professeur ne l’emploie jamais mais c’est pour simplifier le tout) serait contre un pouvoir de droite qui ne ferait de remise que sur la 9ème et la 10ème personnes (dans l’exemple). Ce qui conduirait à un déséquilibre allant à l’encontre de la logique fondatrice de leur petite société. Ainsi, en admettant la remise de 20 dollars, le neuvième aurait une remise de 5 dollars et le dixième une remise de 15 dollars. Le résultat par exemple d’une baisse de l’impôt sur la fortune. (les chiffres sont un peu au hasard…)
De la même manière, en augmentant la TVA afin de récupérer ses 20 dollars, le tenancier/gouvernement ferait payer 2 dollars de plus à chacun, y compris à ceux qui, à la base, ne payaient rien.
La nature humaine est ce qu’elle est et je ne doute pas que dans la situation décrite par le professeur, des gens s’élèveraient et protesteraient. Mais je ne pense pas qu’un gouvernement ou qu’une opposition responsable prendrait de telles positions, caricaturales. Reste le populisme, ce mal démocratique, qui pourrait pousser à de telles dérives, mais j’ose espérer que la France et ses enfants sauront garder la tête froide.
Mais ne dit-on pas que les anglo-saxons sont tous des économistes et les français tous des philosophes ?
on 19 juin 2007 at 11:50 1.Me Myself n I said …
c’est clair, que ce genre de raisonnement peut amener à penser de la même façon que l’auteur.
ce ke l’on sait c’est que les taxes qui sont proportionnelles à la richesse des taxés que les liberaux preferent supprimer et celles que tout le monde subit (tva, taxes sur l’essence…) ont tendandce à augmenter. c’est pas nouveau mais bien de le souligner
on 30 août 2007 at 18:25 2.Michael BOUVY » Une réflexion sur le système économique à méditer said …
[…] Via Un Oeil Sur Le Monde : […]
on 30 août 2007 at 18:37 3.Alain said …
Ce qui rend l’image des clients qui payent leur bière complètement fausse par rapport à la réalité de l’impôt, c’est ceci :
Si quelques riches quittent un pays, la seule conséquence, c’est qu’il y a un peu moins de ressources fiscales et dans ce cas le pays fait avec dans sa gestion. On ne se retrouve pas face à un mur, une somme fixe qu’il faudrait payer absolument à quelqu’un comme dans cet exemple de la bière.
Et si tous les plus riches quittaient un pays, le nôtre par exemple, ce ne serait pas si grave. D’une part, ils ne partiraient pas avec les bureaux, les usines, les routes, les hôpitaux, les équipements sportifs, les écoles sous les bras. Ensuite, ceux qui sont juste en dessous au niveau des responsabilités sont tout à fait capable de prendre leur place dans les postes de direction. Croyez-moi, la boutique tournerait quand même. Ca serait la catastrophe par contre si tous les salariés quittaient le pays. Ce seraient des millions de compétences qui ne se remplacent pas comme ça.
on 31 août 2007 at 01:28 4.Anonyme said …
dans la réalité on parle toujours en pourcentages donc l’exemple des bierres en parlant de $ et d’une somme de 100/80$ qu’il faut payer absolument veut pas dire grand chose..
on 31 août 2007 at 04:20 5.Jean said …
Si tous les riches partaient, la boutique tournerait peut-être. Encore que…
Quoiqu’il en soit, ces riches en particulier ne feraient plus vivre la partie des pauvres qu’ils alimentaient jusqu’ici.
L’économie serait largement déséquilibrée !
On ne retire pas les poids d’une balance d’un côté en espérant qu’elle reste droite.
Combien de RMI les ~50% ponctionnés sur un seul gros salaire de riche générait-il ?
…Ce sera toujours plus de pauvres à chaque fois que des riches partiront.
Et en suivant cette théorie - que les suivants prendront la place des anciens patrons, donc des anciens riches (…) - pourquoi eux accepteraient-ils plus leur position que leurs prédécesseurs ?
Il faut arrêté avec ce discours. Quand tous les riches serons partis et qu’il ne restera que des pauvres (parce qu’ils n’attendent pas que les riches partent pour le devenir à leur tour…)
Eh bien nous seront bien avancés dans ce pays !
on 31 août 2007 at 09:27 6.Dogmael said …
Comme depuis la nuit des temps, tout le monde n’a pas été, n’est pas, et ne sera jamais au même niveau.
On appelle ça la vie en société.
Tout comme dans n’importe quelle mécanique, chaque pièce a sa place, mais chacune ne remplit pas les mêmes fonctions, chacune n’est pas assujettie au même rythme d’action aucune n’a le même rythme d’usure, et c’est ce qui fait que ça tourne.
Chaque jour, certains sont dans la nuit pendant que d’autres sont au soleil, mais la terre tourne, et c’est la vie.
Le seul point que nous ayons tous en commun, riches, pauvres, heureux ou malheureux, dirigeants ou employés, c’est que nous sommes tous là pour mourir un jour.
on 31 août 2007 at 16:08 7.Atlas de Poche said …
A force de payer des bières aussi chères, les “riches” ne le seront bientôt plus…
Qui financera alors les verres de bière ?
Le tenancier ?
on 06 sept 2007 at 13:10 8.wam said …
A priori, les riches ont une source de revenu, il resteront donc riches.
Et si ils ne sont pas trop betes et qu’une telle situation se produisait, je pense qu’il arreteraient de boire si ils se rendaient compte qu’il n’ont plus assez d’argent pour payer leur facture d’electricité
on 01 oct 2007 at 13:33 9.Ben said …
Bonne nouvelle pour les pauvres “De la même manière, en augmentant la TVA afin de récupérer ses 20 dollars, le tenancier/gouvernement ferait payer 2 dollars de plus à chacun, y compris à ceux qui, à la base, ne payaient rien.” rien multiplié par un pourcentage donne : rien, il ne paieront toujours pas.
Cette remarque illustre bien l’incompétence génétique de “la gauche” en matière d’économie.
Lorsqu’un “riche” quitte le pays, il part avec ses biens et les investit dans son nouveau pays appauvrissant ainsi la France et créant de la richesse dans son pays d’adoption.
D’autre part, si la France avait suivit la même évolution économique que ses voisins ces 10 dernières années, notre niveau de vie serait supérieur de 30% aujourd’hui.
De grâce arrêtez de regarder l’économie avec vos lunettes rouge, et inspirez vous des réussites étrangères (Allemagne, Suède, Danemark, Royaume Unis).
on 30 nov 2007 at 14:54 10.FreeTonio said …
Pauvre Alain ! Passons outre les questions d’impôts. Ce que tu n’as pas compris c’est que les riches créent des richesses par la création d’entreprises par exemple. Ces gens là prennent des risques pour que les salariés que tu décris puissent avoir un travail. Laisser partir les riches serait une catastrophe, que tu le veuilles ou non.
on 07 déc 2007 at 12:56 11.marc said …
Quelques commentaires sur cette blague qui circule depuis un bail sur le net:
échelle des revenus figée: absurdité! faire croire que les 10 personnes ne changent pas de job, ne se forment pas,etc.. est impossible à justifier
qui a fabriqué le bar et les chaises? utilité de l’être humain n’est pas seulement visible dans les impôts qu’il paie (participation à la production)
pourquoi baisse des prix et pas hausse des quantités? si le barman prend des verres plus grands et rajoute de la bière, la situation reste au stade initial, non?
la baisse des 20% est dûe à quoi: rentrées fiscales (=>baisse du prix de la bière)? croissance (la démographie étant figée, d’où vient elle?)? rien n’est indiqué bizarrement!
on peut sortir et non entrer: économie semi fermée? et puis quoi encore? absurde…
même conso des biens publics (bière)? absurde de penser que chaque individu consomme autant de bière (service public?) quelque soit son revenu…
impot direct et pas d’indirect? on oublie un peu vite dans cette caricature le rôle des impôts indirects (tva), il n’y a pas que l’impôt sur le revenu (prix de la bière) pour mesurer les efforts de chacun à la solidarité fiscale
en ayant fait des recherches sur le net, le prof cité comme l’auteur de cette blague a démenti…
cette propagande est du fait de partisans de la fameuse flat tax mais comme toutes les propagandes, elle ne résiste pas à l’analyse…
ps: les phrases les plus importantes de cette fumisterie sont:
Pour ceux qui ont compris, aucune explication est nécessaire.
>Pour ceux qui n’ont pas compris, aucune explication n’est possible
tout est fait pour ne pas réfléchir et suivre bêtement le cheminement (un prof d’éco l’a pondu et on essaie de faire passer pour des imbéciles tous ceux qui réfléchiraient là dessus…): tout réside dans l’absurdité des hypothèses retenues!!
si je prends comme hypothèse que la gravité n’existe pas, alors je peux voler! mon raisonnement est exact mais l’hypothèse étant stupide, ça ne rend pas logique la conclusion!!
on 18 déc 2007 at 08:37 12.drope said …
Rien à voir mais :
Contrary to Internet folklore, Dr. Kamerschen is NOT the author of “Tax Cuts: A Simple Lesson in Economics.” Additionally, he does NOT know who wrote it.
http://davidk.myweb.uga.edu/
Sinon je vous invite à lire Joseph Stiglitz, un vrai économiste, qui vous expliquera le problème de façon un peu plus réaliste (et moins niveau primaire)…