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Eléments de réflexion Lucas on 07 sept 2007

La justice et le juste

Lu dans le monde du 04 septembre 2007 :

“Il se passe décidément quelque chose entre les juges et Nicolas Sarkozy. […] Face à face, les juges et l’Elysée représentent deux univers que tout oppose. Les premiers s’appuient en permanence sur les jugements passés, la jurisprudence. Le chef de l’Etat imagene s’intéresse qu’au présent et à l’avenir. Les magistrats se prononcent au nom de la loi et de la société. Le président se réfère et ne pense qu’aux victimes. Les juges se réclament de grands principes. Nicolas Sarkozy revendique un solide bon sens et la recherche du résultat.”

Chronique de Laurent Greilsamer

 

Plus loin, Alain Salles fait état des relations difficiles établies entre les syndicats de magistrats et la ministre de la justice, Rachida Dati.

Quand on parle de justice, en France, on en parle de manière passionnée, sous le coup de l’émotion. Alors on comprend Michel Sardou lorsqu’il dit sur le plateau de Marc-Olivier Fogiel que si quelqu’un venait à violer ou assassiner son enfant, il n’hésiterait pas à le tuer. On s’inquiète de savoir des délinquants sexuels dans la nature sans avoir été soignés. On s’agace de voir des innocents derrière des barreaux plusieurs années comme pour le procès d’Outreau.

Comme le dit le chroniqueur du Monde, le président se réfère, comme l’opinion publique, aux victimes. C’est une vision à courte vue.
La justice n’est pas et ne doit pas être un règlement de comptes, une vengeance des victimes contre les bourreaux. Ce n’est pas, monsieur Sardou, la loi du Talion. Oeil pour oeil, dent pour dent. Le but de la justice est de garantir la sécurité de tous, de punir les coupables de crimes et de délits et dans l’idéal, d’enlever l’envie à d’autres d’en faire de même. En matière pénale, il s’agit de rechercher la vérité et non un coupable à tout prix. Même si cela signifie que les victimes ne pourront pas avoir la satisfaction de désigner un responsable pour leur malheur (par exemple dans le cas d’une catastrophe naturelle).

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Laurent Greilsamer se demandait si la fronde des juges pouvait se justifier face à l’inquiétude du peuple. Le combat des juges ne doit pas être un combat pour l’immobilisme mais pour une action gouvernementale juste et intelligente.

Nous allons donc regarder d’un peu plus prêt les propositions du gouvernement et analyser leur portée.

Responsabiliser les juges : Encore hypothétique, cette proposition est très populaire. Néanmoins, elle repose sur des exemples très mauvais. Outreau, au delà de l’incompétence du juge Burgaud, c’est la lenteur de la justice (et donc le manque de moyens) qui est en question. En effet, on s’émeut d’avoir vu des innocents en prison pendant trois ans mais on se fiche de savoir Youssouf Fofana (Barbare du gang du même nom responsable présumé de la mort de Ilan Halimi) en détention préventive 18 mois précédant son procès. Les délinquants sexuels récidivistes, ils sont bien souvent désignés comme aptes par les experts et les soins en prison sont bien insuffisant. Les petits délinquants, la prison est bien souvent pour eux le lieu où ils apprennent à enfreindre les lois (mais ceci est une opinion, contrairement aux autres exemples qui sont des faits).
Donc on peut responsabiliser les juges, encore faudrait-il savoir de quoi ils sont coupables.

La lutte contre la récidive : De la même manière, on se sert des criminels multirécidivistes, et donc déjà lourdement condamnés, pour “vendre” cette mesure. Quand un homme passe 10 ans en prison, sort et commet un autre crime, il risque d’y passer au minimum 20. Or, dans le cas des petits délinquants, l’affaire est tout autre. Le juge a la responsabilité de d’évaluer si le responsable de multiples délits mérite ou non une peine de prison, courte ou longue. Y ajouter un minimum de 4 ans est insensé, et d’ailleurs cette loi est assortie d’une dérogation permettant aux juges de ne pas l’appliquer. D’ailleurs le vice-procureur de Metz n’a pas été convoqué chez le garde des sceaux pour ne pas avoir respecté cette loi, mais pour avoir affirmé que les “magistrats ne sont pas les instruments du pouvoir” - ce qu’il conteste -.

L’enfermement des délinquants sexuels dans les hôpitaux-prisons : En droit, on imagine que le coupable est soit fou (et donc irresponsable de ses actes), soit à punir. On connaît le résultat, et il anime aujourd’hui les débats, soit les victimes se sentent lésées, soit on envoi quelqu’un de malade croupir en prison avant qu’il ne sorte et commette les même méfaits. La proposition du gouvernement est donc honorable. Mais quel cerveau malade a pensé à les soigner seulement à la fin de leur peine ? C’est au bout de 18 ans de prison que nous allons soigner un homme malade depuis le début ? Ne serait-il pas plus simple de tenter de les soigner dés le début pour ensuite, s’ils venaient à aller “mieux”, leur permettre de terminer de purger leur peine dans une prison normale ? C’est au contraire un aveu d’impuissance ou plutôt un manque de foi dans la médecine que nous propose le président, ces gens là seraient à enfermer quasi-définitivement hors de la société avec comme seule carte de sortie (et j’extrapole à peine) la castration chimique. Un ami (pourtant un chouilla sarkozyste) me disait “j’appelle ça des camps de concentration”.

Et pendant ce temps on propose la dépénalisation du droit des affaires…

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Les juges se réfèrent au passé et à la jurisprudence car on apprend de ses expériences. La loi, réfléchie depuis 2 siècles, défend la société et par là, les individus. Les grands principes sont le bon sens qui n’aurait pas la courte vue.
Nous avons l’occasion presqu’unique de réformer en profondeur la justice. Essayons d’en faire quelque chose de juste. Et peut-être pour la première fois, essayer de comprendre quelles sont les raisons aux choses.

Un délinquant ne commet pas des méfaits parce qu’il est profondément mauvais. C’est à la fois de l’inné et de l’acquis. Essayons pour une fois de nous intéresser à l’acquis. C’est l’exemple de cette société primitive, lorsqu’un individu agis mal, tout le village se réunis autour de lui et lui demande ce que la société lui a fait pour qu’il lui fasse du mal.

Eléments de réflexion Lucas on 21 juil 2007

Folle démocratie

Démocratie, régime politique dans lequel le peuple exerce sa souveraineté lui-même.

Pour citer Winston Churchill : « La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres »

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Je n’en ferai donc pas le procès, et plutôt que de la prendre comme une, entière et indivisible (par opposition aux autres), je veux ici mettre en lumière une de ses dérives.

En effet, à l’aube de celle-ci, les dangers de la démagogie se faisaient déjà sentir, Socrate les pensait, Platon les écrivait…

Aujourd’hui, la démagogie a pris un nouveau tournant, plus que satisfaire les masses en les brossant dans le sens du poil, on leur lie les mains avec leurs propres cordes et leur fait penser ce qu’on veut.

J’accuse aujourd’hui et sans détours : Les sondages.

C’est une tendance que je sens depuis un moment, que je croyais ancienne, il semblerait que non… Le sondage est devenu l’arme ultime contre le débat, celle qui anéantie l’échange d’idées, qui annihile le sens du vote dans l’exercice démocratique.

Pas besoin d’interroger les historiens, piochons dans l’actualité récente (plus ou moins selon la date à laquelle vous lisez ceci) pour illustrer mon propos.

imageLe 20 juillet, l’institut de sondage CSA délivrait au journal le Parisien des chiffres éloquents, 70% des Français seraient favorables à un service minimum dans les transports et à peu près autant dans d’autres services comme l’éducation nationale.

Pour le premier, il est vrai que c’est une idée exposée de longue date dans les médias par le président de la république, les Français y ont apportés leur soutiens.

Pour ce qui est du service minimum dans l’éducation nationale, ma première critique, évidente, est cet étonnement de voir consécutivement posées ces deux questions à “un échantillon représentatif de 953 personnes”, la réponse à la première poussant à répondre de la même manière à la seconde. Un procédé malhonnête donc (qui mériterait d’être vérifié en consultant les conditions dans lesquelles ce sondage a été réalisé) et simple, d’autant plus qu’il pousse les gens qui n’ont pas forcément d’avis à dire “oui”…

Mais tout ceci est très classique, ce qui me gène plus, c’est que par ce procédé, et avant même que la question ne se pose dans le débat public, on impose de fait une réponse, à valeur démocratique, avec une légitimité à la hauteur de la proportion de sondés favorables à cette proposition. Ajoutons à cela le fait qu’il existe chez l’être humain un réflexe naturel à se ranger du côté de la majorité (”L’important n’est pas d’être le meilleur mais d’être le numéro un” dit-on en cours de marketing), et voilà comment on obtient un soutiens populaire à une question qui ne se posait même pas.

L’exemple ne vous convainc pas ? Souvenez-vous du débat sur l’identité nationale au cours de la campagne présidentielle, en quelques jours, le débat s’éteignait, imagepoussé dehors par un sondage qui affirmait que 55% des Français y étaient favorables.
Le Français moyen se devait donc d’être un spécialiste de la question puisqu’en matière de débat, il n’avait eu qu’environ une semaine, ponctuée par la proposition de Nicolas Sarkozy, les réactions de ses adversaires (dont madame Royal qui avait traité cette idée d’ignoble) et la réponse du favoris à la course sur Canal + le 11 mars :

« Mais qu’est-ce que c’est la France ? Et qu’est-ce que c’est d’être Français ? Il y a une identité nationale qui n’est pas réductible à une ethnie. C’est choquant ?
Je dis que les immigrés qui vont nous rejoindre doivent adhérer à cette identité nationale. C’est choquant ?

Et Mme Royal, qui est quelqu’un que je croyais raisonnable, dont je ne partage pas les idées vient dire ignoble… Mais vous vous rendez compte, ce que ça peut avoir d’insultant ? Pas pour moi mais pour les millions de gens qui partagent mon point de vue, et qui se demandent si la France ça veut dire encore quelque chose ? On a le droit d’aimer la France, on a le droit de la respecter. Et de vouloir qu’on l’aime et la respecte ? »

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Réalisé les 13 et 14 mars, ce sondage (qui reprend même la vidéo de l’intervention de Monsieur Sarkozy) a eu pour effet de stopper le débat, ralliant même à sa cause Ségolène Royal qui a dans les jours suivant proposé de chanter la marseillaise et de disposer d’un drapeau français chez soi.

Circonstance aggravante, dans ce même sondage, lorsqu’on demande au panel quels sont les éléments marquants de la semaine, arrivent en tête la montée de Monsieur Bayrou dans les sondages suivi de près par la non-candidature de Jacques Chirac à sa propre succession (29 et 21 %) puis la question de l’identité nationale (11%).

On a donc posé une question orientée à des gens non-spécialisés, non-instruits par le débat et même peu intéressés par la questions (qu’ils ne se seront donc logiquement pas posé avant le jour J et à laquelle ils n’auront pas pu donner de réponse construite).

Pour ces raisons, je veux tirer une (petite) sonnette d’alarme face à ce nouvel abus de sondage, porte ouverte à la manipulation.

Je précise que mon but n’est pas d’accuser le Président de la République, ou de lui prêter des intentions machiavéliques concernant cette affaire. Je tiens juste à rappeler une évidence.

Et pour finir comme on a commencé, Winston, mon petit chéri, tu auras le mot de la fin :
The best argument against democracy is a five-minute conversation with the average voter (« La meilleure critique de la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur moyen »).

Eléments de réflexion Lucas on 15 juin 2007

Les impôts en question

Mon ami Edoo m’a fait parvenir ceci :

 

c’est un texte reçu en anglais et provenant d’un professeur américain qui essaye d’expliquer à ses élèves le système des impôts …

« Les impôts semblent s’expliquer par une logique simple. Mais beaucoup ne la saisissent toujours pas. Comme c’est la saison des taxes, laissez-moi vous expliquer en des termes que tout le monde peut comprendre.

Supposons que tous les jours 10 hommes se retrouvent pour boire une bière et que l’addition se monte à 100 $. (Normalement 10 $ chacun).

S’ils payaient la note de la même façon que l’on paye les impôts, cela donnerait à peu près ceci :

Les 4 premiers (les plus pauvres !?), ne payeraient rien.
Le cinquième payerait 1 $
Le sixième payerait 3 $
Le septième payerait 7 $
Le huitième payerait 12 $
Le neuvième payerait 18 $
Le dernier (le plus riche ?!) devrait payer 59 $.

 

 

Ils décidèrent de procéder comme décrit ci-dessus.

Les dix hommes se retrouvèrent chaque jour pour boire leur bière et semblèrent assez contents de leur arrangement. Jusqu’au jour ou le tenancier les plaça devant un dilemme :

« Comme vous êtes de bons clients, dit-il, j’ai décidé de vous faire une remise de 20$. Vous ne payerez donc vos 10 bières que 80$ »

Le groupe décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon qu’ils auraient payé leurs taxes. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais comment les six autres, (les clients payants), allaient diviser les 20$ de remise de façon équitable ? Ils réalisèrent que 20$ divisé par 6 faisaient 3,33$.

Mais s’ils soustrayaient cette somme de leur partage alors le 5ème et 6 ème homme devraient être payés pour boire leur bière.

Le tenancier du bar suggéra qu’il serait équitable d’appliquer un pourcentage de réduction plus important pour les plus “pauvres” et de réduire l’addition comme suit:

Le 5° homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien.
Le 6° paya 2 $ au lieu de 3 (33% de réduction)
Le 7° paya 5 $ au lieu de 7 (28% de réduction)
Le 8° paya 9 $ au lieu de 12 (25% de réduction)
Le 9° paya 14 $ au lieu de 18 (22% de réduction)
Le 10° paya 49 $ au lieu de 59 $ (16% de réduction)

Chacun des six « payants » paya moins qu’avant et les 4 premiers continuèrent à boire gratuitement.

Mais une fois hors du bar, chacun compara son économie :

« J’ai seulement eu 1 $ sur les 20 $ de remise », dit le 6°, il désigna le 10° « Lui il a eu 10 $ ».

« ouais ! dit le 5°, j’ai seulement eu 1 $ d’économie aussi »

« C’est vrai ! » s’exclama le 7°, « pourquoi aurait-il 10 $ alors que je n’en ai eu que 2 ? Le plus riche a eu le plus gros de la réduction»

« Attendez une minute » cria le 1° homme à l’unisson, « Nous quatre n’avons rien eu du tout nous. Le système exploite les pauvres »

Les 9 hommes cernèrent le 10° et l’insultèrent.

La nuit suivante le 10° homme (le plus riche ?!) ne vint pas. Les neuf autres s’assirent et burent leur bière sans lui. Mais quand vint le moment de payer leur note ils découvrirent quelque chose d’important : Ils n’avaient pas assez d’argent pour payer ne serait-ce que la moitié de l’addition.

Et cela, garçons et filles, journalistes et collègues professeurs est le reflet de notre système d’imposition. Les gens qui payent le plus de taxes tirent le plus de bénéfice d’une réduction de taxe.

Taxez les plus fort, accusez-les d’être riches et ils risquent de ne plus se montrer désormais. En fait ils pourraient commencer à aller boire à l’étranger où l’atmosphère est, comment dire, plus amicale.

Pour ceux qui ont compris, aucune explication est nécessaire.

Pour ceux qui n’ont pas compris, aucune explication n’est possible.

 

Signé

David R. Kamerschen, Ph.D.
Professeur d’économie
Universiy of Georgia, USA

 

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A première vue, c’est assez juste, mais ça part de plusieurs postulats qui m’apparaissent faux ou faussés.

Il faudrait déjà que chacun, y compris le 10ème -le plus riche-, soit satisfait de la situation actuelle… Mais passons.

Le problème de ce texte militant, c’est que dans sa logique orgueilleuse et méprisante à la fois (je tiens aux deux adjectifs), ce cher David caricature la position de la gauche.
Transposons cet exemple en France :

Pour obtenir une baisse des impôts équivalente à ce qui est décrit, il faudrait par exemple baisser des impôts sur le patrimoine, ceux qui en ont peu ou pas ne verraient pas de changement. Les plus fortunés bénéficieraient de la plus importante remise. Je ne suis pas sûr que la gauche, au moins celle modérée, critiquerait une telle mesure, en tous cas, sur un plan purement théorique, ce serait injustifié.

 
Dessin de Deligne pour AOL

La critique de cette gauche (je sais que j’abuse du terme puisque le professeur ne l’emploie jamais mais c’est pour simplifier le tout) serait contre un pouvoir de droite qui ne ferait de remise que sur la 9ème et la 10ème personnes (dans l’exemple). Ce qui conduirait à un déséquilibre allant à l’encontre de la logique fondatrice de leur petite société. Ainsi, en admettant la remise de 20 dollars, le neuvième aurait une remise de 5 dollars et le dixième une remise de 15 dollars. Le résultat par exemple d’une baisse de l’impôt sur la fortune. (les chiffres sont un peu au hasard…)

De la même manière, en augmentant la TVA afin de récupérer ses 20 dollars, le tenancier/gouvernement ferait payer 2 dollars de plus à chacun, y compris à ceux qui, à la base, ne payaient rien.

La nature humaine est ce qu’elle est et je ne doute pas que dans la situation décrite par le professeur, des gens s’élèveraient et protesteraient. Mais je ne pense pas qu’un gouvernement ou qu’une opposition responsable prendrait de telles positions, caricaturales. Reste le populisme, ce mal démocratique, qui pourrait pousser à de telles dérives, mais j’ose espérer que la France et ses enfants sauront garder la tête froide.

Mais ne dit-on pas que les anglo-saxons sont tous des économistes et les français tous des philosophes ?

Eléments de réflexion Lucas on 17 jan 2007

Internet : nouveau model économique…

Mon ami Edoo m’a envoyé cette réflection :

C’est bien en ouvrant Libé ce matin, et comme à mon habitude en débutant ma lecture par la der que je suis rapidement arrivé sur la page 28, qui a retenue mon attention… « Le triomphe des pirates du net » par un député PS, certes de la Nièvre donc pas grand-chose à faire, mais député tout de même.

S’il ne fait pas l’apologie du téléchargement illégale, il ne fait pas non plus l’autruche. Il se définit tout de même comme partisans à une législation visant à légaliser l’illégal… On apprend aussi, pour ceux qui n’étaient pas encore au courant, que la loi DADVSI ne sert à rien et que les Majors comme Universal sont à deux doigts de proposer leurs catalogues en téléchargement « gratuitement ». Alors pourquoi autant de tapage autour de pauvres internautes qui n’ont pas réfléchit plus que ça sur leurs actes, « c’est gratuit alors j’y vais »… Quoiqu’il en soit, le DRM de microsoft craqué cet été et l’incapacité des Lobby à stopper ce fléau de la création artistique, un nouveau modèle économique voit le jour. A grand coup de publicité et taxes divers et variées ( chez les opérateurs, chez l’internaute directement…) des millions vont être récupérer par ces Majors. La culture et la création musicale se verra ainsi comme le sauveur d’une économie en péril… Entre gratuité et taxations indolores, un nouveau modèle économique est né, a quand un libé gratuit et rentable ?

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Il m’apparaît de plus en plus évident qu’il va falloir que j’écrive un jour un livre intitulé “Le capitalisme expliqué aux capitalistes” ou “le capitalisme pour les nuls et Pascal Nègre”…
Petits rappels, première année de commerce :

Le concept de l’offre et de la demande.
Si la demande augmente, l’offre gagne en valeur.
Si la demande baisse, l’offre perd en valeur ou doit s’améliorer.

En aucun cas l’idée de faire des procès à ses clients potentiels ou empêcher ses véritables clients de jouir librement de son produit n’est une manière d’en augmenter la valeur.

Et si Pascal, tu penses que le piratage est une concurrence déloyale, je t’invite à réfléchir sur le sentiment persistant qu’ont tes clients, depuis des années et en particulier avant l’avènement d’internet et du téléchargement, de se faire entuber joyeusement à chaque achat.

PS : Afin de dissiper tout malentendu, je suis d’accord avec ce que dit Edoo ^^

Eléments de réflexion Lucas on 04 déc 2006

Racisme et tolérance

Il y a un mot qu’on avait plus ou moins laissé de côté dans l’actualité récente…

Le RACISME (sortez les trompettes)…

Ilan Halimi est mort de l’antisémitisme, Georges Frêche a réveillé les vieux démons du colonialisme en février et voilà-t-y pas que le racisme revient à la mode d’un coup d’un seul grâce au seigneur football…

Une touche d’antisémitisme et une autre de Georges Frêche plus tard… nous voilà repartis !

Si j’en parle, c’est que dans mon journal de centre-droit préféré (comprenez, Le Monde), pas moins de trois articles nous rappellent que les humains se détestent entre eux… (numéro daté du 2 décembre)

Le double retour de Georges d’abord… D’un côté dans la polémique avec ses propos sur l’équipe de France de football et puis devant les tribunaux à cause de son dérapage du début de l’année sur les Harkis.

Dans son réquisitoire, le procureur de la république insisté sur une donnée : “Je ne sais pas si monsieur Frêche est raciste - je ne le crois pas - mais il a tenu des propos racistes…” bla bla bla…

Donc, Georges Frêche qui a insulté deux hommes et touché toute une communauté a tenu des propos racistes alors que lui-même ne l’est pas… On appréciera la pirouette !

S’il n’est pas raciste, qui l’est en France ?

Apparemment, de moins en moins de personnes disent les statistiques (1 quart d’agressions raciste en moins environs cette année). Même les électeurs du FN sont devenus des gens sympathiques, après tout, ce sont des désespérés qui se trompent de colère, des manipulés par les médias ou Sarkozy, des ignorants qui votent du fin fond de leur campagne pour le bien général de leur pays……….

Qu’a-t-on donc fait de nos racistes ?????

Ha, il nous en reste encore un ! Que dis-je ? C’est pas qu’il reste, c’est presqu’un petit nouveau dans le monde merveilleux des diables… J’ai nommé : Dieudonné.
Enfin un homme qui ne brouille pas les pistes, dont la diatribe contre les juifs - ou plutôt “les Innommables” comme dirait Raphaël Confiant - ne laisse que peu de doutes sur la nature profonde des convictions.

Nous voilà dans le manichéisme le plus benêt… Avec d’un côté les non-racistes et de l’autre, les vrais racistes… Oui, imaginez Dieudonné en train de dire seul devant son miroir “JE SUIS DIABOLIQUEMENT GENIAL HAHAHA”, imaginez-le ouvrir son petit livre dans lequel il noterait les meilleures méthodes pour convaincre le monde de se débarrasser des Juifs, ces innommables qui sont la cause de tous les maux…

Non, désolé, on est pas dans un dessin-animé… Dieudonné n’est pas forcément mal intentionné, il est seulement con… Un peu raciste, comme nous tous… Un peu plus convaincu, certainement…

Juste, cessons de diaboliser les hommes et pire encore, cessons de diaboliser le racisme (rangez les trompettes et sortez les violons)…
Surtout quand on lit la définition du racisme qui ne se limite pas à une question de couleur ou d’ethnie mais peut se traduire par une “attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes”…

Nous sommes tous racistes, moi-même frissonnais-je en sentant cette petite vieille me frôler lors de l’expo sur Cabu à l’hôtel de ville de Paris (j’ai toujours eu l’angoisse de l’odeur des vieux)… Alors, juste une chose, n’oublions pas que nous sommes tous faibles et arrêtons, aussi, d’opposer au racisme le mot tolérance… ça me gave… merci.

Médias & Eléments de réflexion Lucas on 29 nov 2006

Images d’une réalité

Il y a un flux rss auquel je suis abonné depuis un moment.

C’est celui de “Alive in Baghdad” sur le site Blip.tv. C’est une série de reportages en Irak sous-titrés en anglais. Cela montre une réalité que nous ne connaissons pas en France, celle des gens qui habitent Baghdad et subissent chaque jour la menace des attentats et la guerre civile.

En France, on nous ramène les chiffres, les images des drames, mais rien sur la réalité des gens impliqués dans cette guerre.

Les auteurs font donc des interviews des gens les premiers concernés par tout ça. Ils viennent de sortir une vidéo de témoignages de victimes d’un attentat. Des images très dures et très explicites dans un hôpital, je ne met donc pas le lien ici.

Néanmoins, j’en parle pour une petite chose qui m’a interpellée. A la question de savoir qui s’attaquerait aux civils, un homme amputé d’un bras et d’un pied et dont le dos est dans un état lamentable répond simplement “je ne sais pas”.

On est loin de la langue de bois d’un politicien, là, nous avons un Irakien qui ne sait vraiment pas qui fait ça. De quoi s’inquiéter pour l’avenir.

En attendant, le premier ministre irakien ne fait rien pour désarmer les milices chiites, donc le cercle vicieux de la violence entre chiites (majoritaires) et sunnites ne sera pas interrompu par une volonté politique forte. Ce serait pourtant nécessaire…

Pour le flux de vidéos de “Alive in Baghdad”, voici une vidéo forte en enseignements de la mère d’un jeune homme mort au combat.

Eléments de réflexion Lucas on 02 sept 2006

Le bilan de Katrina

Toujours dans l’objectif de donner les informations, intéressantes, que nous apportent les journaux et autres sources d’informations au quotidien, voilà le bilan en chiffre des dégâts de l’ouragan Katrina qui s’est abattu aux Etats-Unis il y a un an.

Une bonne manière de voir le parcours qu’il reste à faire avant qu’une partie du Sud du pays ne puisse redevenir comme avant, si faire se peut.

1464 morts en Louisiane et 231 dans le Mississippi.
49 corps toujours non identifiés, 60 personnes disparues.
800.000 déplacés.

La ville de La Nouvelle-Orléans n’a pas vu revenir la moitié de ses habitants, 6 des 9 hôpitaux sont fermés, 54 des 128 écoles publiques vont rouvrir pour la rentrée.
Alors qu’un budget de 110 milliards de dollars a été alloué à la reconstruction, les 45 déjà octroyés par le gouvernement n’ont toujours pas été affectés. En bonus, les quatre compagnies choisies pour balayées les débris ont sur-facturé de 4 à 6 fois le coût des travaux.

Histoire de mettre les choses en perspectives, il faut 15 milliards de dollars au Liban pour sa reconstruction après le conflit de cet été.

Pour rajouter à la grogne, deux scandales bousculent les acteurs de la tragédie. D’abord une femme médecin et deux infirmières qui sont accusées d’avoir euthanasié des patients de leur hôpital jugés intransportables. Ensuite deux avocats qui ont mis à jour le récit de 8 prisonniers bloqués dans leurs cellules alors que l’eau montait et à qui on porté secours plusieurs jours plus tard, un hélicoptère les ayant vus agiter leur blouse orange par la fenêtre.

En guise de circonstances aggravantes à l’affaire, il semble que les animaux aient été mieux traités que les prisonniers, en prévision de l’arrivée de l’Ouragan, certains de ceux-ci ayant dépassé la durée de leur peine car leur dossier était perdu.

Eléments de réflexion Lucas on 31 août 2006

Ou l’art d’être détesté

Le 17 Août dernier, le ministre des finances allemand Peer Steinbrük a expliqué que dans le futur, les Allemands risquent de devoir “renoncer aux départs en vacances, afin d’épargner pour plus tard”.

Et bien ce cher Peer a tout gagné, il a réussi à se mettre à dos nombre de ses concitoyens, les syndicats, une partie de la classe politique et des médias et, cerise sur le gâteau, l’industrie du tourisme…

Bingo, cette vieille technique qui consiste à jeter des idées en l’air pour tâter l’opinion publique s’est très sévèrement retournée contre lui.

Si ça ne dit en rien quelles actions nos politiciens préparent pour l’avenir, c’est un bon moyen de voir, au delà des discours, le fonctionnement de penser de ces gens.
Ce sont des phrases avec moins de tabous, qui permettent parfois de faire un appel du pied à des électeurs moins recommandables…

Sinon, dans le même genre, il y a la soit-disant fuite pour tester les réactions avant de proposer une loi. En décembre 2005 par exemple, le ministre de l’intérieur français avait laissé échapper un avant-projet de loi sur l’immigration. La version “allégée” est sortie en mai…

Eléments de réflexion Lucas on 12 août 2006

Un premier éclaircissement…

Le Monde du 30 et 31 juillet. Israël, le Liban, une opportunité selon Washington.

“Pour la maison blanche, fidèle à Carl von Clausewitz, la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. Pour les Européens, à l’exception peut-être du Royaume-Uni, c’est la porte ouverte au chaos et à l’extrémisme.”

Carl von Clausewitz est un des premiers théoriciens de la guerre, voilà quelques unes de ses citations sur évene.

Juste pour se souvenir qu’au delà de tout cynisme ou de l’imbécillité que l’on peut prêter à nos voisins, il y a peut-être seulement un problème de culture, d’incompréhension.